Modélisme à l'envers: The Sandpit

Posted on Mardi 2 mars 2010 by Paolo in the category ENGRENAGES


Je suis tombé sur Fubiz ce soir sur un film très intéressant, « The Sandpit ». J’ai eu envie de la partager avec vous, mais pas sans ajouter un petit mot d’explication auparavant…

La majorité des photographes, amateurs ou professionnels, utilisent des appareils photos qui, s’ils varient par les formats, ont tous un point commun: les lentilles de l’objectif sont parallèles au capteur d’image (ou au film dans le cas de la photo argentique) et celui-ci capte le centre de l’image ainsi formée.

Une loi optique, la loi de Scheimpflug établit que lorsque le plan du film, celui de l’objectif et celui du sujet sont parallèles, alors l’image est nette sur toute sa surface.

Source: Wikipedia

Ceci aboutit à la situation connue de tout photographe, la mise au point étant effectuée sur un point, tous les points du même plan sont nets, et les points en dehors de ce plan ne le sont pas.

Par chance, la profondeur de champ, c’est à dire la distance de par et d’autre du plan de mise au point en deça de laquelle le flou est imperceptible, permet d’obtenir une image nette sur une certaine profondeur.

Habituellement donc, lorsque le sujet est situé sur un plan qui n’est pas parallèle à l’appareil photo, et qu’on souhaite l’avoir net, la solution consiste à fermer le diaphragme autant que possible pour augmenter le profondeur de champ.

Cette méthode a toutefois ses limites, lorsque la lumière fait défaut pour pouvoir fermer le diaph à souhait, comme lorsque le recul est insuffisant par rapport à la profondeur de l’objet (la profondeur de champ diminue lorsqu’on se rapproche du sujet).

La loi de Scheimpflug heureusement, énonce une deuxième propriété: lorsque les 3 plans ne sont pas parallèles, la netteté est assurée sur toute la surface de l’image si et seulement si les plans se coupent en une même droite.

Source: Wikipedia

A partir de là, la solution est simple, que tous les photographes d’architecture connaissent bien: il faut pouvoir faire basculer soit le plan du film soit le plan de l’objectif de façon à se retrouver dans cette situation où les 3 plans se coupent en une même droite.

Dans ce but, il existe des objectifs avec un mécanisme de bascule, permettant de retrouver cette situation en petit et moyen format.

Je parle des photographes d’architecture, car ils sont souvent confrontés à ce type de problèmes, lorsque par exemple, pour prendre en photo un bâtiment, ils ne peuvent être que au niveau du sol, devant le bâtiment en question, l’objectif incliné vers le haut pour le cadrer dans son ensemble, et donc pas parallèle au dit bâtiment.

Cette technique peut toutefois être détournée, comme c’est le cas dans le film dont je parlais en introduction et que je vous laisse apprécier avant de vous en dire plus (cliquez sur la vidéo pour la voir en HD sur Vimeo et en plein écran):

Vous avez à présent compris le titre de cet article, là où le modéliste s’evertue à construire des décors miniature qui ressemblent à la réalité, voici des décors réels filmés de façon à ressembler à une maquette.

Ce résultat est obtenu à l’aide de deux techniques, d’une part le fait de filmer à 4 images/s environ, qui produit l’effet d’accélération et de saccades typiques des modèles réduits qui ne respectent que rarement à l’échelle les vitesses et les accélérations; d’autre part, en détournant la technique de la bascule de l’objectif décrite plus haut.

En effet, habituellement, lorsqu’on filme un paysage réel d’assez loin, l’image est nette sur une profondeur importante, et de plus elle est nette sur un plan parallèle à l’appareil photo.

En basculant le plan de netteté, on donne à la fois l’impression que le profondeur de champ est réduite, caractéristique des prises de vue de maquettes généralement effectuées de près pour ne pas englober « l’extérieur » de la maquette, et que le plan de netteté en biais correspond à un appareil photo capturant l’image en plongée depuis le dessus de la maquette.

Ici, le travail de bascule n’a pas été effectué avec l’objectif lors de la prise de vue, mais en post-prod, grâce à des filtres numériques.

Pour en savoir plus, pour les anglophones , une interview de l’auteur, Sam O’Hare

Paolo

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What Others Are Saying

  1. avatar
    Dori mar 2 mars at 01:28

    Fourmilliesque ! 1 bière et 35000 clichés plus tard un mini-monde en perpétuel mouvement ; ) human tiny little antville

  2. avatar
    Anne mar 2 mars at 06:30

    Wahou !!!!
    Bon alors deux choses :
    - Merci ! Les leçons de photo par Paolo, c’est toujours génial mais avec illustrations, encore mieux. Dire que j’ai un cours privé demain matin… lucky me ! Je n’ai toujours pas tout bien compris mais il me semble que cette fois ça y est Paolo, avec les parallèles et tout ça, j’ai enfin compris le principe de la profondeur de champ !!! Après le truc sur l’inclinaison, un tout petit peu moins, mais je vais relire.
    - J’ai passé tout le film à me dire « Les gars sont fortiches et complètement geeks… faire des maquettes aussi réalistes, ça a dû prendre des heures et des heures… c’est couillon parce que l’eau au début, on voit clairement que ça se passe dans une flaque… ils auraient pas dû le mettre et j’aurais pu croire que c’était vrai tellement la maquette est chouette… mais ces bonshommes, je ne peux pas croire que c’est des playmobil !!! Je m’arrachais les yeux à regarder les petites fourmis de Dori et je me disais que là, sur le coup des mini-bonshommes, ils avaient dû tricher et intégrer des images de vrais gens dans la maquette… les fourbes ! »
    Alors tu penses comme je me suis sentie conne quand j’ai lu la suite !
    OK je crois que Paolo est le seul à pouvoir comprendre ce commentaire qui pour moi-même est embrumé !
    Bisous
    Anne

  3. avatar
    Etoile de mer mar 2 mars at 19:00

    Bonjour,
    cet article est vraiment très intéressant !
    J’adore la photographie, mais moi je suis juste amateur !

  4. avatar
    Mélisse mar 2 mars at 20:17

    heu j’ai pas tout compris
    parce que je fais comment moi avec mon reflex pour le coup des trois plans et d’une ligne qui coupe le tout ?
    à jeun ?
    et pas à jeun ?
    je reviendrai lire demain histoire de voir si avec un neurone frais je capte mieux….

  5. avatar
    Isa sam 6 mars at 08:15

    Aie !! J’en ai mal à la tête de te lire. Bon ben j’ai pas tout compris mais c’est pas étonnant je suis une nullité en photo, et encore j’ai investi dans un super leica, qui fait pas mal de choses tout seul.
    Ca c’est drôle cette vidéo, on dirait des petits lilliputiens ….

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