Tête à coiffer

Avatar-ChicDes pieds à la tête, il y a du plaisir à prendre (massage tantrique à réflexion de haut vol), des maladies graves à surmonter (gangrène gazeuse à obsession compulsive), des sensations à expérimenter (chatouilles ou rêves).
Mais les cheveux… à quoi ça sert ?

Ma première fois au 32 était un cadeau à moi-même, mon luxe après 4 années d’abstinence capillaire.
Longue tignasse, naturelle, châtain, fade, négligée.

Premier rendez-vous, premier choc émotionnel (et financier…).

Un salon pour moi seule, une méridienne, l’eau dégoulinant dans un bac de pierre et les yeux clos s’ouvrant de temps à autre sur un amandier en fleurs. La musique subtilement compilée, un kimono de soie chamarrée, une lumière tamisée, un fauteuil de bois exotique et un miroir magique !
J’ai vu deux choses dans ce miroir : une version de moi améliorée avant même la coupe… et puis, en arrière-plan, une bombe athlétique et douce, un coiffeur à l’allure d’une couverture de magazine, un fauve, à demi sauvage encore, qui, lorsqu’il enfonce ses doigts dans vos cheveux, vous donne le grand frisson…
Deux heures de plaisir brut !
J’avais enfin trouvé une utilité à la pilosité de mon crâne trop rempli, dans ce havre de zénitude, grâce aux mains fortes, délicates et trapues de Ron.

Six mois plus tard, la tête en pétard et le portefeuille regonflé, je téléphone.
« Ron ne travaille plus ici. Voulez-vous voir Frédéric ? »
Trop mal à l’aise pour refuser, trop déçue pour réagir, j’accepte, raccroche et dis adieu à mon fantasme.

Frédéric m’a cueillie comme une fleur.
Imaginez un bel Adonis, grand, blond, timide et délicat, se faisant oublier, pour ajouter au bien-être ambiant une sensation de solitude.
C’était comme si ses mains avaient agi sans lui.
Il était prévenant mais ailleurs, soucieux de mon intimité et emprisonné dans la sienne, toute neuve, étrange.
Sa voix m’arrivait à peine et ses rares sourires esquissés me faisaient plonger de plain pied de l’autre côté du miroir, dans la réalité imaginaire de sa vie rêvée.
Je l’ai aimé en quelques secondes.
Loin d’être un prédateur, il appartenait aux proies futées qui échappent, s’envolent, se cachent. Il côtoyait les beaux, riches et célèbres ; qu’étais-je pour espérer ?
Pourtant je l’ai choisi, approché tout doucement, de coupe en couleur, de shampoing en brushing, de silences en confidences… et j’ai réussi ! Il m’a laissée l’apprivoiser.

En écrivant, je sens glisser dans le cuir chevelu de ma toison de Tornade le bout de ses longs doigts fins et je frissonne.

Aujourd’hui, je ne suis plus une cliente du 32 mais une amie de Frédéric, sa tête à coiffer Mattel plus exactement. Il fait ce qu’il veut, avec mes cheveux…
De la coiffure à l’art, il hume  ma crinière et la modèle comme de la terre glaise.
Il s’y promène, la sculpte, la peint, s’en inspire pour m’inventer ou me révéler quelque chose de moi, une évidence que personne d’autre n’avait vue.
On se retrouve à la nuit tombée, quand le studio est vide. Il allume des bougies. Il coupe à l’aveugle.
Ma confiance est infinie.
La soie de mes cheveux s’emmêle au velours de ses pattes.
Et lui me fait neigeuse, manga, fée, sorcière, pute ou bourgeoise ou les deux.

On joue comme des enfants, pendant ce temps suspendu. Enivrés des vapeurs d’ammoniaque, on rit fort, on rêve tout haut, on s’amuse de petits riens, on se raconte de lourds secrets…
Le timide éphèbe grec s’est métamorphosé : détachées, ses fantastiques boucles blondes emplissent l’espace. Il est libre, il virevolte.
Il transpire un potentiel atomique.

Si je dois attendre des mois pour sentir son souffle dans mon cou, rien ne m’empêche de passer lui déposer un bisou, de m’apprêter pour quelques minutes où il va me faire tournoyer, me regarder, m’ébouriffer, m’admirer. On s’envoie des messages, on repousse le prochain rendez-vous… jeudi ? vendredi ? Je serai rousse, flamboyante. Et lui me raccompagnera avant minuit devant mon immeuble, en riant de me voir si belle…

J’ai cru le conquérir. Il a fait de moi sa chose.

Anne

Frederic_tete_coiffer_carre_rousse

coiffure   Fred   

14 Commentaires

  1. Dimanche 13 septembre 2009 #

    le luxe c’est d’avoir un coiffeur  » homme « , article de plus en plus difficile à trouver et non pas ces filles longilignes dont on doute parfois qu’elles désirent nous rendre plus belles…..

  2. Omelette
    Dimanche 13 septembre 2009 #

    Je ne comprends pas… Y a t’il un rapport avec l’article « Frappe moi la tête avec une pelle » ?

  3. Anne
    Dimanche 13 septembre 2009 #

    @Mô : ce que tu dis des filles longilignes n’engage que toi… et me fait bien rigoler :)
    @Omelette : Au départ pas vraiment mais maintenant que tu le dis, je me demande si au fond… une coupe à la pelle serait du plus grand chic si ça se trouve !
    As-tu vu que j’avais mis un lien vers ton site dans un autre des articles ? ;)

  4. charlotte
    Dimanche 13 septembre 2009 #

    c’est fou ce qu’on rencontre comme personne connu dans ce mag!!

  5. Ad
    Dimanche 13 septembre 2009 #

    moi aussi j’ai une crinière châtain négligée que je veux voir sculptée comme de la glaise en velours de soie!! (bon je maîtrise moins le lyrisme des matières que toi apparemment…)
    le carré roux te va très bien au passage ! ;-)

  6. karynka
    Mardi 22 septembre 2009 #

    Mais où se loge cette merveille de faune, nommé Frédéric: au 32…oui, mais de quelle zone???
    Signé: chevelure désespérée.

  7. Anne
    Mardi 22 septembre 2009 #

    @Karinka : Frédéric est en freelance maintenant et devrait faire des apparitions sur C&G dès qu’il aura le temps (quand j’aurai réussi à le coincer pour qu’il allège un peu ma crinière).
    S’il veut mettre ses coordonnées ici, je l’y invite ;)
    « le 32″ existe toujours… C’est un des salons du fameux John Nollet. tu peux en voir quelques images sur son site : http://www.john-nollet.com/

  8. karynka
    Mardi 22 septembre 2009 #

    Merci, je sais maintenant où délester mon porte-monnaie…
    Et partante pour partager l’homme aux ciseaux magiques ( Frédéric)s’il le souhaite.
    Bon dégagement de plafond ( ou allègement de crinière, au choix)

  9. coco
    Jeudi 24 septembre 2009 #

    pas sûre d’avoir tout suivi …mais c’est combien le coup de pelle sur la crinière de glaise chatoyante au « 32″ ?????

  10. Anne
    Jeudi 1 octobre 2009 #

    La coupe est entre 150 et 200 euros de mémoire… mais il n’y a plus Frédéric ;)
    Alors soit vous payez le double et vous vous offrez le vrai voyage avec Monsieur John Nollet en personne, le rêve. Soit je ne réponds de rien en ce qui concerne les petits nouveaux…

  11. osanne
    Mardi 13 octobre 2009 #

    wow experience divine d’un coiffeur qui vous coiffe a merveille sans avoir besoin de vous demander votre avis! Votre carre est superbe!
    (perso experience suremnt moins elevee sur lechelle des frissons dans la nuque mais aussi pour le porte monnaie: rue du louvre jean marc joubert, un adonis ma tout de suite comprise.
    deux heures plus tard je suis ressortie… sublime.)

  12. Un samedi...
    Vendredi 16 octobre 2009 #

    Aller chez le coiffeur c’est un moment très trop IMPORTANT pour une femme, qui ne doit ,EN AUCUN CAS, être un cauchemar!( je sais de quoi je parle, j’ai eu de mauvaises expériences dans le domaine…)
    Mais l’expérience du bel homme qui s’occupe de sa crinière! je n’ai encore jamais vécu….l’adresse, je veux l’adresse!!!!!!!!!………

  13. karynka
    Lundi 23 novembre 2009 #

    Je TIENS ici-même et sentant fort la solidarité capillaire à partager ma découverte:
    un grand mossieur du cheveu: Hervé Boudon à Paris.
    Me contacter pour plus amples infos.

  14. kelisiam
    Mardi 17 août 2010 #

    salu jvien juste de decouvrire ton siite il est est super ce serai tro simpas si tu fesai un article pour eliminer les boutons sur mon visage tu pourrai ??

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